La pelle que tu m’as roulée
Avait le goût de la noyade,
Et je me suis laissé couler
Au fond de cette eau noire et froide.
Puis j’ai nagé vers un rivage.
Entouré d’animaux sauvages,
J’aurais dû servir de repas.
Pourtant, ils ne m’attaquaient pas.
Une lionne, me souriait.
Nous avons marché côte à côte.
J’étais pardonné pour mes fautes.
On aurait dit qu’elle m’accueillait,
Qu’elle m’attendait depuis longtemps.
Je pouvais monter sur son dos
Et la laissais en faire autant,
La peur n’était plus un fardeau.
Entre nous régnait la confiance.
Je savais avoir son soutien
Au nom d’une tacite alliance,
Elle savait compter sur le mien.
Et dans l’entraide et le respect,
Foi que nous faisions bon ménage,
Nous avons traversé la baie
En nous relayant pour la nage.