Je ne vois que des humains qui luttent
J'en vois même qui renoncent
Il y a ceux qui se buttent
Et valsent dans les ronces
Ils entraînent dans leur chute
Des questions sans réponse
Quand à ceux qui chahutent
Ils prennent la semonce
Je ne vois que des humains qui triment
Sans manger à leur faim
Il y a ceux que l'on brime
Et qui noient leur chagrin
Quant à ceux qui friment
Et pour qui tout va bon train
Ils se sentent légitimes
En faisant les malins
Je veux parler de ceux
Que l'on ne voit jamais
C'est la valse des gueux
Des p'tites gens il paraît
Il est question de ceux
Qui sortent de nos vies
C'est la valse des gueux
En quête de paradis
Je vois des gens qui crient au loup
Des gens à la peine
J'en vois qui sans le sou
N'ont de cesse et se démènent
Pour joindre les deux bouts
Et sans être à la traine
Ils se mettent debout
Et oublient leur déveine
Je vois des gens qui crient famine
J'en vois la peur au ventre
Ils ne supportent pas leur mine
Restent planqués dans leur antre
Pour une mise en abîme
Pour une modeste rente
Ceux qui n'ont rien en prime
Si ce n'est une tente
Je veux parler de ceux
Que l'on ne voit jamais
C'est la valse des gueux
Des p'tites gens il paraît
Il est question de ceux
Qui traversent nos vies
C'est la valse des gueux
En quête de paradis
Il y a ceux qui se mettent en branle
Et forcent le destin
Pas question d'arrondir les angles
De si bon matin
J'en vois dans leur bulle
Quand d'autres battent de l'aile
Il y a ceux qui reculent
Et ceux qui remontent en selle
Je vois des gens qui tergiversent
Quand d'autres se pavanent
Dans les chemins de traverse
Certains sont en panne
Il n'est point de faiblesse
Que de s'aider d'une canne
Au tour de la jeunesse
D'ouvrir grandes les vannes
Je veux parler de ceux
Que l'on ne voit jamais
C'est la valse des gueux
Des p'tites gens il paraît
Il est question de ceux
Qui se meurent d'ennui
C'est la valse des gueux
En quête de paradis